Le fabuleux destin d’Eléonore Bouvier-Peysaret

Le relevé systématique des registres paroissiaux millerots peut paraître austère et répétitif. Il peut aussi s’avérer divertissant, voire passionnant s’il est le point de départ d’une véritable enquête à travers la France d’un personnage au destin peu commun. C’est ainsi qu’au hasard de discussions sur un forum de généalogie, les membres de l’atelier [**« Déchiffrage des registres paroissiaux »*] ont été amenés à effectuer des recherches de dates concernant une [**« Eléonore Bouvier, native de Millery vers 1756  »*] qui semblait être le sujet des conversations à la Cour de Versailles et dans les milieux d’intrigues et d’affaires parisiens ou lyonnais…

[(Les Millerots du XVIIIe siècle avaient généralement un destin tout tracé au sein de leur famille, à Millery ou dans les villages limitrophes au gré d’un mariage, voire à Lyon pour les plus aventureux et/ou entreprenants, quelques exceptions échappant à la règle comme ce « Philippe l’américain » parti faire fortune à Haïti et dont l’aventure s’est fort mal terminée. Vivre à Paris ou fréquenter la Cour de Versailles, c’était évoluer sur une autre planète.)]

C’est ainsi que la curiosité nous a poussés à en savoir toujours plus au sujet de cette Eléonore. [**Sandrine Kominek*], notre correspondante de la région parisienne à l’origine de cette demande de recherches, nous a fourni de nombreuses informations glanées aux archives et bibliothèque nationales principalement dont la remercions et avec son accord nous allons suivre Eléonore* Bouvier et son fabuleux destin tout au long du XVIIIe siècle jusqu’à la Révolution, où l’on perd sa trace.

* ou Claudine, prénom attribué fréquemment aux filles de la campagne au service de notables de la ville, ce qui leur permettait de ne pas faire l’effort de se souvenir du véritable prénom de leurs servantes successives !

Episode 1

L’histoire commence en 1745 par une énigme : le 26 décembre de cette année-là naît une fille prénommée Eléonore. Son père est François-Claude Bouvier, sa mère Pierrette (ou Pernette, c’est selon) Peysaret. Ils se sont mariés le 26 novembre 1743 à Millery*. Lui est originaire de Saint-Andéol-le-Châtel et elle est la fille de Pierre Peysaret (décédé à la date du mariage) et de Marguerite Del(h)orme, née le 27 février 1713 et morte le 08 septembre 1782 « à l’âge d’environ 70 ans » à Millery.

François-Claude Bouvier, maître tailleur de pierres (né le 26 mai 1721 et décédé en septembre 1775), est le fils de Jacques et de Marie Quinet de Saint-Andéol qui sont les parrain et marraine du 1er enfant du couple, un garçon, Jacques, né un an avant Eléonore (04 septembre 1744). Naissent ensuite Benoîte (le 06 février 1749), Antoinette (le 23 juin 1752), dernier enfant né à Millery. La mère a 39 ans et peut avoir eu d’autres enfants, ailleurs.

Notre énigme prend forme lorsqu’on aura dit qu’entre Benoîte et Antoinette est née, le 21 juillet 1750, une autre fille prénommée… Eléonore, la seconde de ce prénom, chose peu étonnante en ce temps-là où l’aînée pouvait être la marraine d’une cadette (ou de plusieurs) et lui donner son prénom. Mais ici nos deux Eléonore ont chacun une marraine différente portant le prénom d’Eléonore

[(Mais quelle est donc « notre » Eléonore ? La première, la seconde ? Une troisième née ailleurs et donc plus jeune ? Perplexité…
)]

La famille part habiter Lyon, paroisse Saint-Georges, peu de temps après la dernière naissance, celle d’Antoinette. Le père, François Bouvier, de maître tailleur de pierre devient verrier en travaillant (ou s’associant, les indications des documents ne sont pas claires à ce sujet mais ont leur importance, on le verra par la suite) « avec un maître verrier du quai de Serin, faubourg de Lyon » vers 1770.

Un des deux Eléonore connues se marie en 1769 (12 avril), paroisse Saint-Georges de Lyon : « Sieur André Châtel, compagnon tailleur d’habits d’homme, fils de feu Thomas Châtel, laboureur de la paroisse de Saint-Pierre d’Entremont en Dauphiné et de vivante Isabeau Convert, d’une part, et demoiselle Eléonore Bouvier, fille de Sieur Claude-François Bouvier, maître tailleur de pierre et de Pierrette Peyzaret, d’autre part, demeurant sur la paroisse de Saint-Georges ». Les « témoins sont Marc Dreveu, maître cordonnier, M. Vincent, barbier, Gaspard et Jacques Audibert ». Tous signent, y compris la mariée. L’acte ne mentionne pas l’âge de cette Eléonore.

La seconde Eléonore, quant à elle, se marie également mais en 1784, le 05 janvier, date du contrat de mariage passé chez Maître Pierre Margantin, rue Saint-Honoré à Paris à « un écuyer au service de la Reine de 45 ans cy devant demeurant à Marseille et actuellement à Paris rue Saint-Honoré, hôtel de Bayonne, paroisse de Saint-Germain l’Auxerrois, fils de feu François Estienne Pigenat de la Palun, officier des Gardes suisses de Monseigneur le Duc de Berry et de feue Anne Moustier », non mariés, le père ne l’ayant reconnu qu’en 1760.

Eléonore est dite « majeure » (plus de 25 ans) en 1784, « de feu Claude François Bouvier, bourgeois de Milleray en Lyonnais et de Pierrette Peysaret demeurant ordinairement à Milleray, et étant de présent à Paris, logée à l’hôtel de Bayonne, rue Saint-Honoré, paroisse de Saint-Germain l’Auxerrois ».
Les termes du contrat laissent rêveurs surtout lorsque les sommes apportées par les époux sont mentionnées : François de la Palun possède 24 000 livres et Eléonore Bouvier 100 000 ce qui est énorme compte tenu de l’origine sociale de la demoiselle et de l’époque. Quinze jours plus tard, le 21 janvier 1784, une charge de maréchal des logis de la Reine est acquise par François de la Palun pour 20 000 livres. Et la dizaine de témoins qui signent au bas du contrat ne laisse pas d’étonner : Louis Joseph de Bourbon Prince de Condé dont la signature est saupoudrée d’or, le Marquis de la Force, l’Abbé de Saint-Didier aumônier de la Comtesse d’Artois (belle-sœur du roi), un lieutenant général des armées royales, etc.

Pour la bonne société parisienne ou lyonnaise, elle devient « la comtesse ou la baronne de la Palun » mais on n’oublie pas pour autant ses origines. L’Abbé Duret, chroniqueur mondain lyonnais à la langue acérée, nous apprend ce que furent ses années lyonnaises avant d’aller fréquenter cet autre monde : « La Bouvier, paysanne de Millery, ancienne femme de chambre de Madame de Manissieu… » en 1780, ou encore « Madame de Pizay vient et amène la Bouvier, ancienne femme de chambre de Madame de Mannevieux**… », la même année.

[( Dans ses mémoires, un ancien officier aux Gardes françaises écrit en 1823 : « Une paysanne lyonnaise sans autre talent que celui de l’effronterie a occupé assez longtemps les personnages les plus distingués de la Cour… Claudine Bouvier, simple servante chez un particulier de Lyon avait toute la confiance de ses maîtres qui, ayant un procès à Paris, l’y mena et la chargea de suivre leurs affaires tandis qu’ils retourneraient dans leur patrie. Cette fille, à qui on avait laissé de l’argent, qui sans être jolie avait une figure agréable et était vêtue élégamment dans son costume villageois, eut envie d’aller à Versailles… » )]

* Elle a 30 ans, âge tardif pour un premier mariage mais calcul qui permet aux futurs couples de limiter le nombre des naissances. Le nombre de personnes par famille à cette époque est de 5 ou 6 contre une dizaine, voire beaucoup plus au siècle précédent.

**A noter que Mannevieux (ou Manissieu) est un petit fief de Givors dont la maison existe encore sur l’ancienne route de SaintEtienne surplombant la zone commerciale du Gier.

A suivre au prochain épisode :“Eléonore à Versailles”

Episode 2

*…Raconté en 1823 par un ancien Officier aux Gardes Françaises ( dans « Versailles, Paris et les Provinces au 18e siècle », tome 1

“Elle se trouva dans la galerie, au moment où la cour passait pour se rendre à la chapelle. La reine, étonnée de cet habillement qu’elle ne connaissait pas, demanda ce que c’était. M. le duc de Villeroi, exerçant alors auprès de Sa Majesté ses fonctions de capitaine des gardes, s’empressa de répondre que c’était une Lyonnaise et qu’en qualité de gouverneur de la province, il avait le droit de la lui présenter. La reine la fit approcher, considéra toutes les parties de son ajustement et s’amusa même à arranger sa coiffure, qu’elle trouvait trop reculée du front. Au retour de la messe, la reine aperçut dans le même endroit cette même paysanne, lui fit signe de venir encore auprès d’elle, l’examina de nouveau et s’éloignant avec cette fille et son capitaine des gardes de ceux qui l’entouraient, témoigna le désir de se faire faire pour le bal masqué un habit pareil.

[(La Bouvier offrit avec beaucoup de zèle de se charger de cette commission et de l’exécution de tout le costume, demandant à sa Majesté la permission de prendre ses ordres à cet égard. Une conversation de quelques minutes et l’ordre donné d’introduire cette fille chez la Reine quand elle se présenterait, suffirent pour exciter auprès d’elle l’empressement de toute la cour. )]

Elle imagina d’en profiter pour sa fortune, se présenta avec effronterie chez les ministres, les amusa par ses expressions populacières, par la vivacité de son babil, contrastant singulièrement avec l’accent niais de son pays ; affecta surtout beaucoup d’aller chez le comte de Maurepas*, qui prenait plaisir à en faire son jouet, et obtint ainsi une apparence de crédit qu’elle eut grand soin de faire valoir et d’exagérer auprès des gens simples, qui éblouis de cette faveur soudaine, accouraient du fond de la province pour réclamer et payer sa protection. Elle les accueillait avec l’air de l’intérêt, promettait beaucoup, indiquait les démarches à faire, les secondait dans les bureaux où elle s’était procuré un accès facile; et si elles réussissaient, elle s’en attribuait la gloire et une partie du profit.

Elle s’entourait de gens à projets, présentait leurs plans dont elle s’attribuait l’idée, et c’est ainsi qu’elle parvint à faire adjuger à une compagnie, à la, tête de laquelle elle se mit le privilège des messageries publiques, sans savoir comment elle en paierait la ferme, ni par quels moyens elle subviendrait aux avances considérables qu’exigeait une telle entreprise, qu’elle ne put en effet soutenir. Dès qu’elle avait chez elle des solliciteurs opulents de sa province, ou des gens crédules qui pouvaient établir la réputation de sa faveur, des émissaires gagés, vêtus de la livrée des princes du sang, de celle des ministres, ou des plus grands seigneurs; venaient lui présenter des bouquets; de la part de leurs prétendus maîtres, s’informer de sa santé; et l’on conçoit combien ce charlatanisme imposait aux dupes qui se croyaient obligés de payer proportionnellement au grand crédit qu’ils supposaient à leur protectrice.”

Dans une vie aussi agitée et qui exigeait même beaucoup de dépense, la Bouvier dissipait aisément tout le produit de ses intrigues. Elle voulait cependant assurer sa fortune et elle crut en trouver le moyen dans une circonstance que le hasard lui offrit. •Le gouvernement, ayant besoin d’argent émit plusieurs billets du trésor royal pour les faire escompter. Elle parvint à en accaparer pour quatre cent mille francs, et espéra avoir si bien pris ses mesures pour les faire disparaître jusqu’à un temps plus favorable, qu’on ne pourrait même la soupçonner mais la police la surveillait de près, et eut bientôt lieu de conjecturer qu’elle s’était approprié les titres dont le déficit venait d’être découvert.

Un inspecteur de police se rendit chez elle avec des exempts. Elle répondit négativement, et avec un sang-froid imperturbable à leurs interrogations, laissant visiter fort tranquillement son bureau, ses poches, et son portefeuille mais on crut apercevoir quelque inquiétude dans les regards furtifs qu’elle jetait de temps en temps sur son manchon, posé négligemment sur le bras d’un fauteuil. On s’empara de ce meuble, et l’on trouva cousus entre l’étoffe et la doublure tous1es papiers que l’on cherchait.
On la conduisit en prison.
M. de Calonne, contrôleur général, l’en fit sortir au bout de cinq ou six jours et il est à remarquer que c’est la seule personne que ce ministre, entouré de tant d’ennemis dont il connaissait parfaitement les manœuvres ait fait punir pendant qu’il était en place.
La Bouvier voulut reprendre ensuite le fil de ses intrigues mais son crédit était totalement déchu. Cependant un ancien mousquetaire, qui avait un nom connu dans sa province, un titre, et point de fortune, la croyant riche lui proposa de l’épouser. La perspective d’un sort assuré, autant que l’amour-propre, engagea cette fille à accepter avidement une offre au-dessus de ses espérances, et ils n’ont pas tardé sans doute à s’apercevoir qu’ils étaient l’un et l’autre victimes de leur crédulité »

*Jean Frédéric Phélypeaux, comte de Maurepas, homme politique français né et mort à Versailles (9 juillet 1701 – 21 novembre 1781) secrétaire d’État de Louis XV puis après une période de disgrâce, ministre d’État de Louis XVI.
* Maurepas était doué d’une intelligence vive et d’une grande finesse, mais il était frivole et égoïste. Ironique, mordant, sarcastique, voire facétieux, « il n’était pas ce que l’on appelle méchant », écrit le baron de Besenval, mais il ne résistait jamais au plaisir d’un bon mot. De figure banale et de petite taille, il essayait de compenser la médiocrité de son physique par le soin de sa mise et une affectation de raideur et de gravité. S’il n’était pas très cultivé, il était doué d’une mémoire prodigieuse et d’un véritable talent pour la conversation. Intuitif, il avait sur les hommes un jugement sûr, mais il lui manquait souvent de s’y tenir lui-même (extrait de Wikipédia, Maurepas).

à suivre le mois prochain, épisode 3 : Eléonore, femme d’affaires

«Son père, Claude-François Bouvier, était venu s’établir à Lyon, dans le quartier de Serin où en 1772 il semble qu’il ait eu des intérêts professionnel et financier dans l’installation d’une verrerie initiée par un gentilhomme lorrain pratiquant « le menu verre »*, François de Finance de Clerbois. En 1775, le père d’Eléonore décède laissant à sa fille le soin de s’occuper de sa mère et de ses soeurs. Elle a 30 ans environ, fréquente la Cour de Versailles et n’en est pas à sa première entreprise. François de Finance cède ses parts à Pierre Sonnerat négociant lyonnais et quitte Lyon sans bruit mais surtout en emportant avec lui une bonne partie de l’héritage d’Eléonore.

Elle lui intente procès tout en déposant une demande d’autorisation de fabriquer du verre à Givors en 1777 ce qui est accordé par l’administration royale au mois d’avril « à condition que ce ne soit pas des articles susceptibles de concurrencer ceux de la fabrique Esnard et Robichon de la Verrerie Royale de Givors ». Ce qui ne lui convient guère : elle presse le Bureau du Commerce de lui permettre de réaliser « toutes sortes d’articles en verre » et de s’installer à Grigny. Elle obtient par décret de juin 1781 « l’autorisation de fabriquer toutes sortes de verre y compris des bouteilles et des vitres » mais Grigny n’aura pas de verrerie selon Julien Page (Givors au XVIIIe siècle, 1977), Robichon et Esnard ne voyant pas d’un bon oeil l’installation d’une verrerie concurrente et argumentant qu’Eléonore (qui se disait « Maître Verrière ») « n’avait aucune connaissance en verrerie et que tout cela n’était fait que pour revendre l’autorisation obtenue et faire de l’argent ! »

Ce qu’elle fit effectivement en janvier 1783 en « transportant à quatre particuliers (dont son beau-frère André Châtel) ses intérêts dans la verrerie avortée contre 3 000 livres comptant et 2 000 livres de rente annuelle »**

Dans le même temps, elle avait réussi à obtenir le bail d’exploitation des Messagerie du Rhône (il s’agit du fleuve et non du département qui n’existait pas encore). Elle s’était associée avec Antoine Dervieux (patronyme bien millerot), son fils François « et consorts » en 1780 alors que le bail était nominatif seulement, irrégularité flagrante ; puis elle avait « sous loué » ce même bail à un autre jeune homme mineur qui ne pouvait faire débloquer les fonds nécessaires à sa participation et sur lesquels Eléonore comptait pour payer son bail, ainsi qu’à un homme majeur qui avait laissé entendre qu’il disposait d’une fortune qui, en réalité, appartenait à ses trois enfants… Ces « canards boiteux » représentaient la somme de 220 000 livres tout de même !

[(Ces sommes fabuleuses vont la perdre : en 1784, les caisses du Roi sont vides et l’Etat émet des emprunts. Elle se retrouve on ne sait trop comment en possession de titres d’une valeur de 400 000 livres. La police qui commençait à avoir des doutes sur ses agissements, la démasque, récupère les titres et Monsieur de Calonne, Contrôleur général des Finances, l’envoie réfléchir quelques jours en prison. )]

Libérée, elle voulut reprendre « les affaires » mais son crédit en Cour était au plus bas et ses anciens amis l’évitaient. Il lui fallait se placer au plus vite :
elle venait de rencontrer un maréchal des logis de la Reine, François de la Palun, fils naturel d’autre François, Comte de la Palun, noble désargenté qui, la croyant riche, l’épousa.
Hélas, l’affaire des Emprunts avait pris de l’ampleur. Eléonore fut arrêtée en même temps que d’autres « profiteurs » et jetée à la Bastille. Son Comte de mari l’y suivit deux heures plus tard sous le prétexte qu’il était le mari de sa femme ! Elle sortit de la Bastille le 5 janvier 1786, fut conduite au couvent Saint-Michel durant trois mois au cours desquels elle fut interrogée par la police malgré les protestations de la Mère supérieure et de l’Archevêque qui n’appréciaient pas ces méthodes d’ingérence.

Libérée du couvent le 30 avril, elle dut quitter la France dans le délai d’un mois : elle partit alors pour Londres qui accueillait volontiers les opposants au Roi de France, où elle résida trois ans. De retour à Paris en 1789, elle voulu faire comparaître en justice l’ancien ministre des finances, Monsieur de Calonne, pour lui avoir fait perdre de l’argent et l’avoir emprisonnée. Les événements contrarièrent ses projets et en 1792, elle était signalée à Coblenz d’où elle chargeait un envoyé d’un message pour son mari.

[(On perd alors toute trace d’Eléonore Bouvier, « La Bouvier, surnommée Comtesse de la Palun », millerote qui voulut aller découvrir le vaste monde…
)]

Christianne Déaux

* Travailler de ses mains était « déroger » à la noblesse. Mais il fallait assurer le train de vie noble : le roi autorisait donc les nobles à faire ce que l’on appellerait de nos jours de l’artisanat d’art, opposé de l’industrie.

** A titre de comparaison, la « portion congrue » du curé, revenu lui permettant de vivre chichement pendant une année, est d’environ 700 livres à cette époque et un domaine rapporte environ 1 000 livres annuellement